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Je la vois...

 

Je la vois….

 
Je la vois, elle est couchée dans sa cage.
 
Une vieille cage étroite et sale qu’elle remplit avec son corps meurtri. Elle est presque dans la position de fœtus. Il y a de la poussière sur ses oreilles et autour de son museau asséché et affamé .Ses yeux à mi fermés guettent avec angoisse l’arrivée de quelqu’un, l’arrivée du monstre. Le bassin sal avec une eau presque verte remplit le quart de sa cage. Une eau repoussante que l’on boit uniquement quand on meurt de soif. Je la regarde, dans ses yeux il n’y a plus de vie, plus de joie. J’ai l’impression qu’elle se laisse mourir. Elle se laisse mourir par la souffrance insupportable. Je m’approche à la cage et je chuchote, «  hé, micorazon como estas hoy ? elle lève la tête, dans son regard il y a un mélange de confiance avec peur, de l’amour avec la méfiance. Une larme coule sur ma joue et disparaît dans le pli de ma bouche, je la goutte, elle est salée. Je passe ma langue sur mes lèvres sèches . Je la regarde à nouveau, sa tête est tombée au même endroit qu’avant. Ses yeux sont fermés cette fois. Ses oreilles bougent un peu comme si elle voulait être alerte mais la force la quittait. Je colle mon visage contre les barreaux et dis tout bas, «  micorazon, viens avec moi, on va partir d’ici » Il m’a eu semblé qu’elle a compris, ses moustaches ont bougé et elle m’a lancé un regard dans lequel je voyais l’apparition d’une lueur d’espoir. En levant sa tête son museau touche la paroi de la cage, elle fait une tentative de me remercier en léchant mon doigt qui traverse les barreaux. J’ai envie de la caresser mais je n’y arrive pas. J’avance mon doigt et je caresse sa tête, Je touche son museau poussiéreux .
 
Je vois  un peu de vie qui rentre en elle, je l’encourage, «  allez ma belle, lève toi » Je vois sa queue qui bouge et elle essaie de se lever mais n’y arrive pas, la cage est trop petite. J’essaie de casser la fermeture, je fais trembler la cage, j’ai peur que le monstre arrive et m’en empêche. Maintenant elle est confiante, elle sait que je vais la sortir de là. Je la regarde, mais elle s’éloigne de moi. Les parois de sa cage sont vitrées, c’est un écran, c’est l’écran de mon ordinateur. C’est sa photo sur un site derrière mon écran, elle me regarde. Je vois sa queue bouger, je vois une lumière dans son regard. Elle n’a plus peur elle sait que je vais la sortir de là.         
 
N’oubliez pas les galgos, lévriers martyres!